Vinicius Júnior, le numéro 7 du Real dans la tempête
Un but en dix matchs. Un banc pour la première fois de la saison. Un carton rouge pour un tirage de cheveux. Et maintenant, quatre matchs de suspension qui le privent du Clasico au Camp Nou. Autant le dire tout de suite : l’automne de Vinicius Júnior ressemble à un mauvais rêve.
Le pire, c’est que le Real Madrid semble très bien s’en sortir sans lui. Dimanche soir, sans son numéro 7, la Maison Blanche a balayé Séville 4-1 au Bernabéu, avec un bijou d’Arda Güler, un doublé de Kylian Mbappé et un but de Yan Diomandé, la recrue de l’été qui joue justement… à son poste. On ne va pas se mentir, le timing est cruel.
Alors, simple trou d’air ou vraie crise ? Voilà ce qui s’est passé, et pourquoi les semaines à venir seront décisives pour le Brésilien.
Villarreal : la soirée où tout a basculé
Samedi 10 octobre, Real Madrid – Villarreal, 8e journée de Liga. José Mourinho prend une décision forte : Vinicius commence sur le banc. Une première cette saison. Le Brésilien entre à la 52e minute, avec l’envie évidente de répondre sur le terrain.
Et pendant quelques secondes, il croit l’avoir fait. À la 71e minute, il pousse le ballon au fond des filets sur une passe de Jude Bellingham. Le Bernabéu exulte. Mais l’arbitre, Isidro Díaz de Mera, est appelé par la VAR. Les images montrent Vinicius tirer les cheveux de Nathan Saliba pendant la course qui précède le but.
Résultat ? But refusé, carton rouge direct à la 73e minute. Et c’est là que ça se complique : au lieu de sortir la tête basse, le Brésilien s’en prend violemment à l’arbitre, au point que ses coéquipiers doivent le retenir. Le Real gagne finalement 1-0, à dix, mais la soirée laisse un goût amer.
Pourquoi quatre matchs et pas deux ?
La commission de discipline de la Fédération espagnole a frappé fort, et sa décision se découpe en deux parties bien distinctes :
- Deux matchs pour le tirage de cheveux sur Nathan Saliba, considéré comme une conduite violente ;
- Deux matchs supplémentaires pour ses protestations agressives envers l’arbitre après l’expulsion ;
- Une sanction qui ne concerne que les compétitions nationales : Vinicius reste donc disponible en Ligue des Champions.
Mourinho, fidèle à lui-même, a surtout pesté contre le timing : la sanction est tombée environ deux heures avant le coup d’envoi du match de Ligue des Champions à Rome. Le Real a fait appel, mais d’après plusieurs médias espagnols, la demande a été rejetée. Le Brésilien ne reviendra pas en Liga avant le 22 novembre, contre le Celta Vigo, après la trêve internationale.
Le calendrier de Vinicius Júnior d’ici la trêve
Concrètement, voici ce que le numéro 7 va jouer… et rater.
| Date | Match | Compétition | Vinicius |
|---|---|---|---|
| 18 octobre | Real Madrid – Séville (4-1) | Liga, 9e journée | Suspendu |
| 21 octobre | Real Madrid – RB Leipzig | Ligue des Champions, 3e journée | Disponible |
| 25 octobre | FC Barcelone – Real Madrid | Liga, 10e journée | Suspendu |
| 1er novembre | Racing Santander – Real Madrid | Liga, 11e journée | Suspendu |
| 4 novembre | AEK Athènes – Real Madrid | Ligue des Champions, 4e journée | Disponible |
| Avant la trêve | Real Madrid – Valence | Liga | Suspendu |
| 22 novembre | Real Madrid – Celta Vigo | Liga | Retour prévu |
Deux matchs de Ligue des Champions en un mois pour se relancer. C’est peu. Mais c’est mieux que rien.
Un début de saison à oublier
Le carton rouge n’est que la partie visible de l’iceberg. Depuis la reprise, Vinicius tourne au ralenti. Et franchement, les chiffres ne mentent pas.
| Statistique (Liga 2026-2027) | Vinicius Júnior |
|---|---|
| Titularisations | 7 |
| Buts | 1 |
| Passes décisives | 3 |
| Tirs | 23 |
| Tirs cadrés | 7 |
| Cartons jaunes | 2 |
| Carton rouge | 1 |
Sept tirs cadrés sur vingt-trois, un seul but. Pour un joueur habitué à faire trembler les filets, c’est maigre. Toutes compétitions confondues, le bilan reste à un but et trois passes décisives en dix apparitions. Et selon Transfermarkt, sa valeur marchande a dégringolé, passant d’environ 200 à 130 millions d’euros.
Le Real, lui, n’a pas été épargné non plus : une défaite à Betis dès le 4 septembre, puis un derby perdu face à l’Atlético. Avant la 9e journée, les Merengue pointaient à six points du FC Barcelone, double champion d’Espagne en titre. Vinicius n’est évidemment pas le seul responsable. Mais quand le leader technique de l’équipe tousse, tout le monde le remarque.
Rome, le soir où la frustration a éclaté
Mercredi 14 octobre, au Stadio Olimpico, Vinicius est titulaire. Le Real est mené 3-1 quand Mourinho le sort à la 59e minute. Le Brésilien ne cache pas son agacement. Et devinez qui le remplace ? Endrick, son compatriote, qui va inscrire l’égalisation après la réduction du score de Carlos Espí. Madrid finit par l’emporter 4-3.
Après le match, Vinicius a parlé avec une franchise rare. Il a reconnu ne pas être inquiet, mais être ” en colère contre moi-même ” de ne pas montrer sa meilleure version. Avant d’ajouter, avec la confiance qui le caractérise : ” À la fin, Vini revient toujours. ” Le message est clair. Reste à le traduire sur le terrain.
Mourinho et Vini : soutien total ou pression maximale ?
La relation entre José Mourinho et son ailier est au cœur de toutes les discussions à Madrid. Et elle a une histoire. En février dernier, quand Mourinho entraînait encore Benfica, les deux hommes s’étaient accrochés lors du barrage de Ligue des Champions, dans un contexte tendu marqué par l’affaire Prestianni. Vinicius avait accusé le joueur argentin de propos racistes, et le match avait été interrompu.
Depuis le retour du Special One au Bernabéu en juin, le ton a changé. Selon la presse anglaise, Mourinho avait demandé à la direction de ne pas vendre Vinicius cet été, en pleine cour d’Arsenal. Et ces derniers jours, il a multiplié les déclarations de soutien : pour lui, le retour en forme du Brésilien n’est qu’une question de temps. Il est même allé plus loin, selon des propos rapportés outre-Manche, en estimant qu’à la place du joueur, il serait probablement parti l’été dernier, vers un pays où il serait davantage respecté.
Une sortie étonnante, qui ressemble autant à une pique envers l’environnement du football espagnol qu’à une main tendue à son joueur. Mais attention : chez Mourinho, le soutien a toujours une condition. Il l’a répété, Vinicius aura toujours son appui s’il travaille pour l’équipe. Le banc contre Villarreal, c’était aussi ça.
Diomandé, l’ombre qui grandit
Pour faire simple, Vinicius a désormais un concurrent sérieux. Yan Diomandé, international ivoirien de 19 ans arrivé de Leipzig cet été pour sept saisons, a marqué son premier but contre Villarreal, puis le quatrième contre Séville après un superbe raid solitaire conclu en pleine lucarne. Petit clin d’œil du calendrier : le Real reçoit justement Leipzig mercredi.
Ce qui joue en faveur de Diomandé en ce moment :
- Il est dans une dynamique positive, avec deux buts en Liga en une semaine ;
- Il apporte de la vitesse et de la percussion côté gauche, comme Vinicius ;
- Il aura au moins quatre matchs de Liga pour s’installer dans le onze, Clasico compris.
Personne ne parle encore de passation de pouvoir. Mais à Madrid, les places se perdent vite. Demandez à ceux qui ont vu arriver Vinicius lui-même, gamin de 18 ans débarqué de Flamengo en 2018.
Le mercato de l’été : Arsenal, 2032 et beaucoup de bruit
Petit retour en arrière. Il y a quelques mois, l’avenir de Vinicius à Madrid était tout sauf garanti. Son contrat courait jusqu’en juin 2027, les négociations traînaient depuis plus d’un an, et Arsenal, champion d’Angleterre, rôdait. Selon ESPN, le Real était même prêt à envisager un départ si aucun accord n’était trouvé. D’après plusieurs médias, le clan Vinicius réclamait environ 30 millions d’euros nets par saison et voulait se rapprocher du contrat de Mbappé.
Le dénouement est tombé le 6 août : prolongation officielle jusqu’au 30 juin 2032. Les termes financiers n’ont pas été dévoilés, mais la presse espagnole évoque une meilleure répartition de ses droits à l’image. Le communiqué du club rappelait le CV du joueur :
- 375 matchs sous le maillot merengue ;
- 128 buts et 100 passes décisives ;
- 14 titres, dont deux Ligues des Champions et trois Liga ;
- Un but dans chacune des finales européennes de 2022 et 2024.
Deux mois plus tard, la signature paraît presque paradoxale. Le joueur vient de s’engager pour six ans… et traverse la pire période de sa carrière au Real. Sur les sites anglais, certains relancent déjà la piste Arsenal. Rien de concret à ce stade : ce sont des rumeurs, et le contrat de 2032 reste une protection solide pour le club.
La Coupe du monde, déjà une blessure
Ce début de saison difficile s’explique peut-être aussi par l’été. Au Mondial 2026, Vinicius a porté le Brésil de Carlo Ancelotti avec quatre buts et une passe décisive. Mais la Seleção est tombée dès les huitièmes de finale, battue 2-1 par la Norvège d’Erling Haaland, auteur d’un doublé, le 5 juillet au MetLife Stadium. Une élimination vécue comme un fiasco au Brésil.
Enchaîner une grosse saison, une Coupe du monde ratée, un feuilleton contractuel et l’arrivée d’un nouveau coach exigeant… Ça fait beaucoup pour un seul homme, même pour un joueur de ce calibre.
Clasico, Ballon d’Or : une semaine sans lui sous les projecteurs
Le calendrier a un sens de l’ironie redoutable. Dimanche 25 octobre, le Real se déplace au Camp Nou pour le premier Clasico de la saison, sans son numéro 7. Le lendemain, lundi 26 octobre, la cérémonie du Ballon d’Or se tient pour la première fois à Londres. Vinicius fait partie des 30 nommés, aux côtés de ses coéquipiers Mbappé et Bellingham.
Il y a deux ans, il était le grand favori et avait fini deuxième derrière Rodri. Cette fois, après une saison 2025-2026 sans titre majeur pour le Real et un Mondial écourté, ses chances semblent minces. Mais une simple présence parmi les nommés rappelle une chose : on parle toujours d’un des meilleurs ailiers du monde.
Et c’est peut-être là que réside l’enjeu des prochaines semaines. Vinicius a déjà connu des passages à vide. La saison dernière, il avait traversé une longue disette avant de repartir de plus belle. Il le dit lui-même : il a connu pire et s’en est toujours relevé.
Questions fréquentes
Pourquoi Vinicius Júnior a-t-il été suspendu ?
Il a été expulsé contre Villarreal le 10 octobre pour avoir tiré les cheveux de Nathan Saliba, puis sanctionné de deux matchs supplémentaires pour ses protestations envers l’arbitre.
Combien de matchs Vinicius va-t-il manquer ?
Quatre matchs de Liga : Séville, Barcelone, Racing Santander et Valence.
Vinicius jouera-t-il le Clasico du 25 octobre ?
Non. Il est suspendu pour le déplacement au Camp Nou face au FC Barcelone.
Peut-il jouer en Ligue des Champions ?
Oui. La suspension ne concerne que les compétitions nationales. Il est disponible contre Leipzig et l’AEK Athènes.
Quand Vinicius fera-t-il son retour en Liga ?
Son retour est prévu le 22 novembre contre le Celta Vigo, après la trêve internationale.
Jusqu’à quand Vinicius Júnior est-il sous contrat avec le Real Madrid ?
Jusqu’au 30 juin 2032, après une prolongation officialisée le 6 août 2026.
Vinicius est-il nommé pour le Ballon d’Or 2026 ?
Oui, il figure parmi les 30 nommés. La cérémonie a lieu le 26 octobre à Londres.
Et maintenant, Vini ?
Le Real gagne sans lui, Diomandé brille, Mourinho le soutient tout en le mettant sous pression, et le Clasico se jouera sans lui. Sur le papier, ça sent un peu le sapin pour son statut d’intouchable. Mais le football a la mémoire courte, dans les deux sens. Un grand match contre Leipzig mercredi, un but décisif à Athènes, et le discours peut changer en quelques jours.
La vraie question est ailleurs : le Vinicius qui reviendra le 22 novembre sera-t-il plus calme, plus efficace, plus collectif ? Ou le Real aura-t-il appris, entre-temps, à vivre sans lui ? Réponse dès mercredi soir au Bernabéu.


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